La Vision Minier de l’Afrique après le boom
En Afrique, les
pays riches en ressources minières font
actuellement face à un challenge majeur jamais enregistré depuis
l'adoption de la Vision minier de l'Afrique, en 2009. En effet, la baisse
prolongée du prix des matières premières représente un défi capital pour la mise en œuvre de la stratégie
continentale du secteur minier qui met l’accent sur une liaison accrue entre le
secteur minier et les autres secteurs de l’économie, dans un but de
diversification.
Des facteurs axés sur la demande, caractérisés par le ralentissement de la croissance Chinoise- qui consomme plus de 50% de tous les métaux- ainsi que les forces spécifiques à l'industrie, ont ensemble, considérablement affaibli les prix des minerais depuis leur récent pic de 2011.
Cependant, cette tendance à la volatilité n’est pas un phénomène nouveau. Les prix des matières premières augmentent et déclinent de façon cyclique, dans une logique emprunte de vulnérabilité, risques et crises. Le ciblage des revenus quoiqu’important n’est pas suffisant pour la transformation du secteur. L'affaissement des prix révèle donc des fissures fondamentales de ce modèle qui donne la priorité aux revenus. Ce modèle, basé sur l’hypothèse surréaliste que les prix vont rester élevés reste prépondérant dans le secteur des industries extractives en Afrique.
Il reste difficile de prédire comment les tendances peuvent évoluer. Les prix ont diminué de façon constante au cours des deux dernières années- à des degrés divers - dans toutes les classes de métaux et des minéraux. Mais ils ne sont pas complètement effondrés. Selon la situation macro-économique, les gouvernements ont également été affectés de différentes manières. Les économies peu diversifiées et celles des pays dépendants des revenus miniers ont été les plus durement touchés. Les investisseurs ont également réagi de différentes façons, y compris en réduisant les dépenses et en licenciant dans certaines grandes sociétés minières implantées en Afrique. Pour la première fois depuis 2009, la valeur de marché de l'industrie minière mondiale a chuté en dessous 1 trillion $ US, comparativement à un peu plus de 2,5 trillions il y’a quatre ans. La projection de croissance de l'Afrique par le FMI reste pessimiste: Malgré la croissance de 4% fin de cette année, le continent est toujours au-dessus de la moyenne mondiale.
Implantation de normes
La même thérapie
ne transformera l'Afrique, même en doublant la dose. Les acteurs ont réagi
différemment à l'évolution du contexte avec des implications pour le
développement des industries extractives. Certains gouvernements africains sont
retombés dans les perspectives de maximiser les recettes à court terme, en
révisant leurs politiques minières de façon à se désaligner des orientations de
développement de la VMA. A contrario, les sociétés minières sont encouragées à avoir
une vision à long terme, en saisissant
l'opportunité offerte par la baisse des prix pour inverser certains des
premiers progrès réalisés par les pays dans la mise en œuvre de la vision
africaine des mines.
Apres le boom, une perspective à long terme reste impérative. Et pour les gouvernements et compagnies avisées, mettre en place les fondations pour un développement sur une base très large et durable, le future sera transformateur pour l’industrie, le peuple et la planète.
Des facteurs axés sur la demande, caractérisés par le ralentissement de la croissance Chinoise- qui consomme plus de 50% de tous les métaux- ainsi que les forces spécifiques à l'industrie, ont ensemble, considérablement affaibli les prix des minerais depuis leur récent pic de 2011.
Cependant, cette tendance à la volatilité n’est pas un phénomène nouveau. Les prix des matières premières augmentent et déclinent de façon cyclique, dans une logique emprunte de vulnérabilité, risques et crises. Le ciblage des revenus quoiqu’important n’est pas suffisant pour la transformation du secteur. L'affaissement des prix révèle donc des fissures fondamentales de ce modèle qui donne la priorité aux revenus. Ce modèle, basé sur l’hypothèse surréaliste que les prix vont rester élevés reste prépondérant dans le secteur des industries extractives en Afrique.
Mais l'adoption d’une vision Africaine des
mines a pour objectif de changer la trajectoire de l’industrie minière sur le
continent en intégrant les industries extractives dans les chaines de valeur
ajoutée de l’économie locale, nationale
et régionale. Au cœur de cette stratégie, l’ambition est de transformer le
secteur minier afin de de l’aligner stratégiquement avec les politiques industrielles,
commerciales, infrastructurelles. Après le boom, il est encore plus impératif
pour les pays de se mettre au travail de façon acharné afin de mettre en œuvre
le programme de développement incarné par la vision pour la transformation structurelle
soutenue des économies Africaines.
Gravir l'échelleIl reste difficile de prédire comment les tendances peuvent évoluer. Les prix ont diminué de façon constante au cours des deux dernières années- à des degrés divers - dans toutes les classes de métaux et des minéraux. Mais ils ne sont pas complètement effondrés. Selon la situation macro-économique, les gouvernements ont également été affectés de différentes manières. Les économies peu diversifiées et celles des pays dépendants des revenus miniers ont été les plus durement touchés. Les investisseurs ont également réagi de différentes façons, y compris en réduisant les dépenses et en licenciant dans certaines grandes sociétés minières implantées en Afrique. Pour la première fois depuis 2009, la valeur de marché de l'industrie minière mondiale a chuté en dessous 1 trillion $ US, comparativement à un peu plus de 2,5 trillions il y’a quatre ans. La projection de croissance de l'Afrique par le FMI reste pessimiste: Malgré la croissance de 4% fin de cette année, le continent est toujours au-dessus de la moyenne mondiale.
Au-delà de cette
représentation composite, l'échec de l’industrialisation pendant le boom,
demeure préoccupante. Très peu de pays ont atteint des standards de vie élevés
et durables sans développer le secteur manufacturier. Pourtant, l'accent
continu d’être mis sur l'exportation de produits de base dans leurs formes primaires,
sans possibilités de mise à niveau dans les chaînes de valeur ajoutée qui
pourrait créer plus d'emplois en tirant parti des avantages comparatifs des
dotations minières. La Commission Economique pour l'Afrique, estime que la
production continentale pendant la période de boom a chuté de 12 à 11%, la plus
faible proportion de toutes les régions en développement. La dépendance sur
l'exportation des mines dans leur forme brute a augmenté, tandis que la proportion
d’emploi dans les secteurs a reculé de 1,5% en 1975 à 0,9% en 2010. Ainsi, ce
modèle de revenus a non seulement prive les pays d’opportunités d’emploi mais aussi de stabilité
économique. La CEA estime que la fluctuation annuelle des prix des minerais brut
est en moyenne de 23% contre 13% pour les
minerais transformés.
Par contre, certains
sous-secteurs font preuve de résilience, gravissant les échelons, contrairement
à la tendance de stagnation. C’est dans cet environnement que la VMA démontre
qu’elle peut être véritablement adaptable à toutes les conditions.
Les minéraux de moindre valeur, y compris de
calcaire et le sable sont souvent négligés en raison de leur faible valeur
marchande ; ceci montre une forte résilience pendant la récession avec les potentiels de transformation pour les
économies remarquables. Le Ciment fabriqué sur le continent à partir de
calcaires connaît une croissance spectaculaire à la consommation annuelle de 5%,
en corrélation forte avec le PIB de l'Afrique. Ceci suggère le potentiel de
transformation structurelle de l’Afrique sur la base des mines. En fait, un rapport récent sur l’industrie
minière au Nigeria montre que chaque augmentation d’1% de production locale de
ciment génère 5% de PIB.
Dans le même
temps, des possibilités se dessinent pour faire de la VMA la norme minière de l'Afrique. Les objectifs
de développement durable récemment adoptés engagent la communauté
internationale, y compris les entreprises à travailler vers une plus grande participation
des pays africains dans les chaînes de valeur ajoutée en encourageant la
transformation de leurs ressources naturelles et la diversification de la
production. En fait, cette transformation structurelle est au cœur de l'Agenda
2063 adopté par l’Union Africaine.
Vers un contrat social
La VMA ne
survivra pas comme cadre de transformateur sans intégrer les intérêts de toutes
les parties prenantes. Alors que cette Vision a été adoptée par les 54 pays, le
rôle du secteur privé reste crucial pour sa mise en œuvre. Les investissements
miniers sont capitalistiques, au-delà des efforts des seuls gouvernements. Et
en les alignant avec les politiques industrielles et commerciales, ceci exige
des efforts de collaboration entre investisseurs, gouvernements et communautés,
dans un esprit de valeur et avantages partagés.
La VMA est donc catalyseur des affaires, en facilitant
l'émergence d'économies minières compétitives. Comme cadre à long terme, cette
vision fournit un cadre institutionnel stable pour les partenariats avec le
secteur privé. Les priorités de développement de l'infrastructure, les
innovations et le contenu local présentent des opportunités rentables pour les
partenariats public-privé. Dans les pays où les gouvernements ont alignés les politiques
minières aux principes de la VMA, les résultats ont été transformateurs. Par
exemple, l'émergence spectaculaire du Nigeria comme exportateur net de ciment,
a été possible grâce à des politiques de contenu local qui ont encouragées la
fabrication locale du ciment. En conséquence, l'Afrique a vu son premier
conglomérat industriel de classe mondiale à portée continentale. Etonnamment, le
pessimisme ambiant qui a poussé certaines
sociétés minières à revoir leurs stratégies n’a pas empêché, le groupe Dangote
Cement de parier sur l'avenir de
l'Afrique comme jamais, en triplant son expansion à travers le continent.
Pour formuler un
avenir durable des industries extractives en Afrique, il faut regarder au-delà
des super-cycles. Créer un environnement de dialogue permanent et stratégique
est cruciale pour parvenir à un résultat gagnant-gagnant particulièrement en
période de marchés déprimés. La Vision
Nationale des Mines fournit l’instrument de base pour les intervenants afin
réfléchir sur l'avenir à long terme en tenant compte des contextes nationaux uniques,
des occasions d'affaires, des défis ainsi que la création d'un environnement
propice à la transformation du secteur de l'exploitation minière. Le succès
exige certainement une approche équilibriste, un compromis pragmatique et
ambitieux. Le Centre de Développement Minier en Afrique et la Commission de
l'Union Africaine sont en train de finaliser un contrat social pour une plus
grande participation du secteur privé dans la mise en œuvre de la VMA.Apres le boom, une perspective à long terme reste impérative. Et pour les gouvernements et compagnies avisées, mettre en place les fondations pour un développement sur une base très large et durable, le future sera transformateur pour l’industrie, le peuple et la planète.
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